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Posted in Femme, Grossesse
13 août 2018

J’ai mal vécu mon accouchement

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Je me suis rendu compte que l’accouchement (autant) médicalisé n’est pas forcément la seule solution et que tu peux peut-être profiter de chaque moment de ton accouchement.

Tu n’as pas encore peur ? Je vais te briefer sur ma grossesse !

Pour mon garçon, je n’ai pas eu la meilleure grossesse, mais dis-toi que ce n’est pas non plus la pire !!! J’ai enchaîné mycoses, nausées, vomissements… Rien n’a jamais pu me soulager jusqu’à la fin. Tu te sens au top de ta féminité quand chéri te fais un câlin et que tu es obligé de tout arrêter pour aller direction les toilettes. Va reprendre après ! Impossible !

Pour couronner le tout, je suis passée par des grands moments de solitude lorsque j’ai contracté le ZIKA à la fin de mon premier trimestre. Eh oui, le grand mal des Antilles ! J’avais tellement peur que mon fils est un problème que je n’arrivais pas à penser à autre chose, sans compter les médias qui t’aident à rester calme (ironie quand tu nous tiens !!!). Il faut que je te dise aussi que lorsque tu es enceinte, tu as le droit à plusieurs (voire des dizaines) d’auscultations. Tu sais celles qu’on adore ! Tu as l’impression que ton corps n’est qu’un incubateur et que toi, tu as le droit de te taire !

Bon malgré ces désagréments, j’étais heureuse d’avoir ce petit bébé qui grandissait en moi, j’adorais le voir bouger, le sentir répondre à mes caresses… Mais un jour de décembre, il s’est décidé (enfin) à sortir. Contractions toutes les cinq minutes, direction la maternité !

J’ai choisi la maternité pour plusieurs raisons, la première est que ma sage-femme et ma gynéco y travaillaient et j’étais plus rassurée par leur présence.
La seconde raison est que j’avais contracté le Zika à la fin de mon premier trimestre de grossesse et que même si Bébé ne présentait aucune anomalie aux échographies, je préférais rester prudente.
Et enfin ma dernière raison, c’est le fait que cela soit mon premier accouchement. Un mélange d’inconnu et de peur !!!

Le fameux jour J je suis arrivée dans ce lieu vers 21h. On m’a auscultée, mis un monitoring, et enfin mise dans une chambre afin d’attendre (ou de subir) l’ouverture du col. J’avais choisi de ne pas avoir de péridurale (oui je suis un peu maso). Les heures passent et vers 1h du matin cela devient insupportable. Chéri appelle une infirmière qui m’ausculte encore et me dit que c’est l’heure de partir en salle d’accouchement. On m’installe dans une petite pièce exiguë (là tu te sens aussi à l’aise que dans une des salles de torture de Saw).

Beaucoup de personnes s’affairent autour de moi (j’en vois quatre mais les douleurs me tenaillent). On me dit de pousser. Mais c’est ce que je fais déjà. Bébé ne veut pas descendre. J’ai mal. J’entends une voix me dire « Madame, si vous ne poussez pas on va prendre les forceps ». Je ne veux pas les forceps. J’entends une autre voix, celle-ci je la connais, c’est ma sage-femme : « Ne lui dis pas ça, tu es train de la faire paniquer ». Je regarde chéri qui ne détourne pas les yeux et je lui dis que je ne vais pas y arriver….

Je pleure. Je crie sûrement.

Un homme d’au moins 110kg monte sur mon ventre pour faire sortir l’enfant. Je hurle de douleur. Il demande à une femme de le remplacer, car il a peur que je le frappe. À ce moment-là, le personnel médical s’arrête, une dame accouche à côté, ils doivent y aller. On me laisse seule avec chéri dans cette petite pièce. Une aide-soignante est là pour surveiller les constantes. Je sens que Bébé sort, je lui dis. Elle me dit d’arrêter de pousser, et que non Bébé ne sort pas. Je crie. Elle va chercher ma sage-femme. Bébé sort en 2 poussées. J’ai tellement mal au ventre.

On me met Bébé sur le ventre, mais j’ai tellement mal que je n’arrive pas à profiter de ce petit être. Ce lien mère-fils que je pensais immédiat ne se fait pas. Je souffre, je n’arrive même pas à regarder mon fils…

Chéri ne coupe pas le cordon ombilical comme nous avions prévu. La sage-femme part avec Bébé pour lui faire les soins. Je souffre encore pour expulser le placenta. J’ai appris plus tard que j’avais des bleus internes dus à l’expression utérine que l’on avait pratiquée (oui, souviens-toi, le gentil monsieur qui est monté sur mon ventre). Lorsqu’on me rend enfin mon bébé, tout va mieux. Je prends conscience que je suis Maman. Et j’oublie tout….

Non, ce n’est pas vrai, j’oublie rien.

Je culpabilise de ne pas avoir savouré sa venue au monde, de ne pas avoir apprécié les premières minutes de son existence… J’ai mal vécu cet accouchement, on n’a pas respecté nos choix (chéri devait couper le cordon et faire du peau à peau), j’ai souffert pendant et après l’accouchement, et enfin cela à entraîné chez moi une peur, une angoisse…

Je me demande pourquoi cela s’est passé ainsi ??? Est-ce que le personnel médical voulait me montrer que je n’étais pas capable de mettre au monde mon fils ? Ou était-ce un problème de rentabilité ? (Plus c’est long plus c’est cher) Ou alors un problème d’égo face à la puissance d’une femme en train d’accoucher ? Je ne sais pas et je te laisse faire tes propres suppositions.

Les femmes n’ont jamais eu besoin de tout ça pour accoucher et pour moi il est évident que je peux accoucher autrement. Pour mon second, on a donc décidé que j’accoucherai dans une Maison de Naissance Je n’hésiterai pas à vous faire part de mon expérience quand bébé 2 aura pointé son nez en juillet.

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