En fin de #grossesse (la deuxième !), « les #bouleversements liés à la #maternité » est un sujet qui me touche particulièrement alors j’ai voulu faire ma petite enquête. Pour cela j’ai interrogé plusieurs #mamans sur leur vécu, j’ai également pris conseil auprès d’une infirmière en périnalité et coach maternel et j’ai fait quelques recherches.

La maternité

Tout d’abord, chaque maternité est différente et est vécue différemment d’une femme à l’autre. Dans une vie idéale, la femme tomberait #enceinte lorsqu’elle aurait la maturité émotive, les conditions sociales économiques favorables, la santé physiologique et psychique suffisamment bonne et enfin le soutien/appui de la part du futur père. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas et au vu de ces quelques éléments, on comprend déjà pourquoi chaque grossesse est différente. En effet l’histoire de vie de la future maman va complètement influencer sa grossesse, cela va réveiller en elle des bonnes ou moins bonnes choses.
Ces différences accentuent la fragilité de la femme enceinte en effet lorsqu’un de ces quatre éléments vient à faire défaut, la femme enceinte peut se sentir dépassée, abandonnée, seule, … C’est pour ça qu’il est important d’être accompagné dans la grossesse afin de ne pas subir seule ces aléas de la vie. L’#accompagnement peut s’effectuer par une sage-femme, un travailleur social, l’entourage, …

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La grossesse

La grossesse entraîne également un changement (positif ou négatif) dans l’#image de soi. L’image de soi est l’idée que chacun se fait de son identité physique, psychologique et sociale. Elle est liée à la perception que l’on a de son propre corps. Une image valorisante favorise l’accomplissement de soi, renforce l’autonomie de la personne et encourage la prise de responsabilités. Certaines femmes seront épanouies dans la maternité et d’autres au contraire ne verront que leur prise de poids, leurs vergetures, leur changement de statut social (on passe de jeune femme à mère), leur vulnérabilité, le difficile lien mère-enfant (l’enfant est dépendant de sa mère),…

La naissance

La #naissance est le moment qui entraîne le plus de changement. Tout devient concret, réel. La naissance peut être un choc physiologique et psychique avec le passage de l’enfant imaginaire à l’enfant réel, ambivalence dans les sentiments de joie et dépression (vais-je y arriver ?), le corps « vide », le déplacement du regard vers l’enfant et non la mère, le passage de l’état de petite fille à celui de mère,… Tellement de questions, de changements et de perturbations pour cette toute jeune mère qui devra être soutenu par son entourage.
Vient ensuite la période post-grossesse qui n’épargne pas non plus nos jeunes mères…


« Dans ma vie de fille, de femme, j’ai toujours cru que je pourrais tout avoir : être femme, aimer et vivre ma vie amoureuse comme je l’entendais, avoir une vie personnelle riche de temps pour moi et de sorties entre amis, être une « working girl », faire des études, travailler, poursuivre une carrière qui m’exalterait, être mère aussi, porter et élever mes enfants, être près d’eux quand ils en ont besoin…
Au final, c’est ce que la société, notre culture, nous promet à nous toutes, femmes. Mais qui sont-elles, celles qui arrivent vraiment à tout faire ? De mon côté, j’ai l’impression aujourd’hui, qu’on m’a menti pendant toutes ces années. » Cécile Glorieux Maman, rédactrice web et auteure du blog Paris Pages Blog

Cécile voulait être la femme parfaite telle celle des dictats que la société prône. Pour Elisabeth #Badinter, il faut aider les mères à lutter contre la culpabilité qu’imposent ces normes sociales ; en rappelant qu’une bonne mère n’est pas forcément celle qui donne tout son temps, toute son énergie et qui se dévoue entièrement à son enfant.


Le poids de la société

Mais le poids de la société, parfois l’entourage et souvent la mère elle-même imposent des nombreuses attentes. Ces attentes sont tellement enracinées dans notre culture qu’elles ne sont plus perçues comme des données sociales, mais exclusivement naturelles. Des représentations telles que celles de la mère « aimante », « dévouée » et « épanouie » sont profondément ancrées dans notre vision de la maternité. L’idée d’un #amour maternel est une idée relativement neuve en Occident puisqu’elle date de la fin du 18e siècle, comme l’ont montré les travaux d’E. Badinter (1980). Auparavant, du fait du nombre d’enfants qui mouraient en bas âge, des contraintes économiques qui pesaient sur la femme et surtout, du peu de considération que l’on portait aux enfants, l’attention apportée aux petits n’était pas si forte. L’enfance suscitait en général une certaine indifférence mais ceci ne signifie pas que l’amour maternel était inexistant. Vers la fin du 18e siècle, les gouvernements s’aperçoivent que l’enfant est potentiellement une richesse économique. L’être humain devient une denrée précieuse pour l’état, non seulement car il produit des richesses, mais aussi, car il est garant de sa puissance militaire. Les gouvernements comprennent alors l’intérêt économique, social et militaire de ce fameux « instinct maternel ». En effet, seules les mères peuvent par leurs soins intensifs faire baisser le taux de mortalité infantile. La société « pousse » alors les femmes à reprendre leurs tâches maternelles, non en parlant le langage du devoir et du sacrifice, mais en introduisant les notions « d’amour » et de « bonheur ». Tout ça pour dire que depuis quelques années la société nous conditionne pour être des mères maternelles aimantes, …
Construire son rôle de mère tout en restant femme à part entière ne va pas de soi. L’histoire personnelle de chaque femme, l’éducation et l’environnement influencent souvent de manière inconsciente comment sera vécue la maternité. Ainsi, si certaines femmes se sentent plus femmes que mères, d’autres consacreront toute leur énergie à leur enfant, délaissant leur conjoint, leurs amis, leur vie sociale et professionnelle. Pour construire cet équilibre, les femmes doivent s’interroger sur leurs priorités et sur les choix de vie qu’elles souhaitent privilégier.

#Solitude

Parmi les mamans que j’ai interrogées, plusieurs se sont sentis seule face à la perte d’un de leur jumeau, face à un bébé qui ne faisait pas ses nuits, face à leur fatigue, face à leur douleur,… En effet, le soutien social dont les jeunes mères disposent est souvent très réduit, du fait de l’éclatement et de l’éloignement familial et de l’érosion des solidarités. Elles peuvent alors se retrouver très isolées, en proie à un fort sentiment de solitude.

#Surinvestissement maternel : couple en danger

Même s’il se met en place souvent de manière insidieuse et la plupart du temps inconsciente, le surinvestissement maternel s’avère néfaste pour l’harmonie du couple. Se sentant délaissé et exclu de la relation fusionnelle que sa compagne établit avec l’enfant, l’homme peut rapidement éprouver de la colère, de la frustration, voire de la jalousie envers ce bébé qui reçoit tant d’attention. Dans certains cas, l’homme peut même regretter d’avoir conçu l’enfant, ne trouvant aucune gratification personnel dans la paternité puisque sa femme n’est désormais plus disponible pour lui.
Après la naissance, chaque mère traverse une période de baisse de désir sexuel. Séquelles génitales de l’accouchement, modifications hormonales, perte de la complétude de la grossesse, peur de l’avenir avec l’enfant, manque de sommeil, peur de mal faire, ajustements psychologiques, repositionnement de chaque partenaire familial… la liste est longue des raisons d’un tel recul. L’ébranlement ressenti par toutes les jeunes mères peut prendre la forme d’un simple « baby-blues» passager, mais réactive souvent d’anciennes problématiques douloureuses conduisant à la perte de l’estime de soi, à une dépression franche, voire à de véritables dissociations psychiques. Dans tous les cas, c’est une période fragile, une période de ressentis violents. La mère est centrée sur l’enfant dans un échange charnel intense, une attention exacerbée, une confusion émotionnelle. Ils se nourrissent littéralement l’un de l’autre, dans une relation exclusive et envahissante. Le temps s’est arrêté à la date de la naissance. On ne parle plus que du #bébé, de chacun de ses gestes, de son sommeil, de ses cris, de ce qu’il mange et de ce qu’il produit… La mère devient étanche aux sollicitations rationnelles du monde extérieur, dans une fusion avec l’enfant très anxiogène qui lui permet de réagir très vite, très fort, aux besoins de l’enfant, mais l’éloigne de son homme et de ses proches. Cette traversée maternelle (D. Bastien, Le Plaisir et les Mères, Paris, Imago, 1997) n’est pas liée à l’#allaitement, mais bien aux remaniements globaux de l’après-naissance. La date moyenne de reprise des rapports sexuels (Ros Escott, «Vie de couple et allaitement dans une culture de biberons», Dossier de l’allaitement, numéro spécial hors-série, 7e Journée internationale de l’allaitement, Paris, 2008, p. 30-39.) est la même chez les jeunes femmes qui allaitent que chez les autres. Dans une étude australienne récente, elle paraît même plus rapide chez les femmes heureuses d’un allaitement harmonieux et satisfaisant que chez les femmes ayant choisi le biberon.
Les femmes allaitantes sont nettement plus nombreuses à en souffrir car l’#hypoœstrogénie maintient une sécheresse vaginale. Pour l’homme autant que pour la femme, cette baisse de lubrification peut être interprétée à tort comme un signe de non-désir ou de la fin de la relation amoureuse. Il suffira bien souvent d’une qualité du quotidien, de préliminaires très tendres, d’activités sexuelles différentes et joyeuses, éventuellement d’un lubrifiant vaginal, pour faire revenir la capacité de plaisir.
Les seins coulent quand l’#ocytocine arrive, donc souvent pendant l’orgasme. Beaucoup d’hommes aiment les seins qui coulent, aiment (quand elle existe, ce qui n’est pas systématique) cette preuve tangible de la jouissance de leur partenaire. Mais il y aura aussi des couples où ces images débordantes soulèvent dégoût et retrait. Des hommes qui se verront impuissants dans cette débauche de lait. Il y aura des couples qui en font une nouvelle source commune de plaisir, des hommes qui aiment le lait de leur femme, le boire, le provoquer, le répandre partout. Il y aura des femmes épanouies par cette réaction de leur corps, et fières d’en jouer. D’autres qui auront honte et voudront la cacher.
75% des femmes interrogées n’ont pas retrouvé leur corps d’avant et se sentent complexées par ce nouveau corps. Ainsi, la femme peut voir sa #libido passée à 0 à cause de la transformation de son corps, les sécheresses vaginales, le manque de disponibilité physique de la femme, la raréfaction des moments de complicité et d’intimité au sein du couple, …

WONDERMOM

Nourrir son besoin de reconnaissance par le travail ou la maternité

Côté travail, bien souvent, les #femmes qui se sentent reconnues dans leur vie professionnelle ont moins tendance à surinvestir leur rôle de mère. En revanche, lorsque la reconnaissance professionnelle fait défaut, les femmes peuvent être plus facilement tentées de nourrir leur besoin de reconnaissance narcissique à travers la maternité et surinvestissent alors ce nouveau statut. Le fait que près de 47% des femmes les moins diplômées arrêtent de travailler pendant leur congé maternité (contre 30% des femmes les plus diplômées) est particulièrement révélateur de ce phénomène (source : étude Cadreo 2016).

En finir avec le syndrome de la mère #parfaite

50% des femmes interrogées ressentent le syndrome de la mère parfaite. Ces pressions proviennent de leur entourage, de la société, des réseaux sociaux et parfois même d’elles-mêmes. Aimer son enfant de manière inconditionnelle, retrouver sa silhouette de jeune femme en quelques semaines, redevenir séduisante pour son conjoint, réinvestir sa vie professionnelle… Qu’elles proviennent des femmes elles-mêmes ou qu’elles traduisent l’intériorisation d’une norme sociale, toutes ces exigences ne font qu’accentuer une culpabilité latente chez toutes les femmes et révéler un conflit intérieur entre l’idéal qu’elles souhaitent atteindre et leurs propres limites mises à l’épreuve dans la réalité du quotidien.

Prendre du recul et se poser les bonnes questions

Pour construire un équilibre des rôles harmonieux (mère/femme/collaboratrice/amie), il serait souhaitable que chaque femme s’interroge sur l’énergie, le sens et le temps qu’elle souhaite consacrer à chaque domaine de sa vie et réfléchisse aux conséquences de ses propres choix pour elle, pour son enfant et pour son couple. Dans cette perspective, en plus d’aider les femmes à surmonter la fatigue, l’anxiété, voire la perte de confiance en soi occasionnée par la maternité, l’accompagnement d’un sophrologue sera particulièrement pertinent pour aider ces mères à prendre du recul, vivre en accord avec leurs valeurs et mettre en place de nouveaux repères pour mener une vie de femme et de mère épanouie.


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31 Replies to “Les bouleversements liés à la maternité”

  1. Perso, je dis qu’il faut vivre sa vie et faire ce que l’on peut… mon fils a déjà été opéré 9 fois… j’ai une vue sur la vie bien différente de toutes mes copines…
    Elles veulent des trucs et parlent de trucs très abstraits pour leurs enfants, style le coussin qui s’accorde au mur de la chambre alors que moi, je veux juste que ma famille soit en bonne santé.

    1. La santé c’est primordial. J’ajouterais le bien être aussi.
      Je ne savais pas pour ton fils et j espère que tout ira bien pour lui. Il est évident que tu n as pas les mêmes priorités et je suis de tout coeur avec toi

  2. Un article bien complet sur la diversité des ressentis 🙂 Je trouve ça bien de rappeler que ce qui est un épanouissement pour certaine est une prison pour les autres (que ce soit la grossesse, l’allaitement, ou le fait même d’avoir des enfants) 🙂

  3. Hello, je ne suis pas encore maman, et je dois dire que j’aime bien cet article car je vois tous les aspects de la maternité, les bons ainsi que le mauvais côté.
    Intéressant !!!!

  4. Coucou après chacun son ressenti, d’où pas d’enfant en ce qui me concerne quand je vois le monde dans lequel on vit et cela va aller en empirant, du coup je suis confiante en n’ayant pas à me faire du souci pour l’avenir de mes enfants; un choix mûrement réfléchi

  5. Hello. C’est vrai que le poids de la société nous impose malgré nous à être la mère parfaite. Mais il suffit juste d’être soit même et de donner son amour … et le reste suit 😉 Belle soirée

  6. Hello !! Pour ma part je n’ai encore jamais été maman mais je me pose plein de question, j’ai déjà des doutes et des craintes avant l’heure, sans parler du changement du corps !! Enfin bref, j’essais de ne pas y penser! Merci pour cet article très complet !

  7. La maternité est un changement énorme dans la vie d’une femme. Personnellement je ne me suis jamais sentie aussi accomplie que depuis que je suis maman. Et je ne me suis jamais sentie aussi fragile également. Depuis la naissance de ma seconde, j’ai arrêté de chercher la perfection et de vouloir toujours faire plaisir à tout le monde. Maintenant, je vis ma vie pas toujours facile au quotidien, avec mes rondeurs, mes choix de vie, et qui m’aime me suive. Pour les autres, la porte est ouverte, je ne retiens personne :p.
    Au final, je pense qu’on se met beaucoup trop la pression comme tu le dis !
    Belle semaine
    Elsa

  8. Ici, mes grossesses m’ont apporté deux choses différentes, la première avec l’arrivé de ma fille j’ai revu mes priorité, mais je ne me suis pas imposé assez sur mes choix auprès de nos proches. j’ai apprit a aimer inconditionnellement, à revoir mes priorités. Du moins je le pensais. Pour l’arriver de mon deuxième, j’ai senti tout de suite qu’il était différents. j’ai du apprendre à trouver du temps pour chacun, et écouter mes instinct. J’apprends maintenant à être une maman d’un enfant différent, devoir trouver sois même comment apprendre à son enfant des choses, j’apprends à relativiser sur les petites choses, je prends beaucoup plus de temps pour nous et moins pour les autres. Ma famille avant tout, j’ai apprit à vraiment mettre ma famille en priorité. Rien ne comptera plus que mes deux enfants.

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